Amis du Jardinier de Dieu

15e dimanche du temps ordinaire, A

Publié le 16 Juillet 2017 par Père Dominique Degoul in homélie

Il est rare que Jésus donne l’explication complète de ses paraboles. S’il donne la parabole, puis une explication, c’est sans doute qu’il faut écouter deux fois. D’abord la parabole, puis l’explication.
 
Jésus a une foule devant lui ;
Il parle d’un semeur qui a un comportement bizarre : un semeur qui a tellement de semences qu’il en sème partout, même dans les ronces, même sur les chemins.
On pourrait avoir le sentiment qu’il gâche… et pourtant, en semant ainsi, généreusement, presque à l’aveugle, le semeur obtient une belle récolte : seule une partie des grains est tombée dans la bonne terre, mais ceux-là ont donné des rendements extraordinaires : 100, 50, 30 pour un. A l’époque de Jésus, un épi qui donne sept pour un, c’est pas mal. Trente pour un c’est énorme, 100 pour un c’est inimaginable.
 
En fait, Jésus dit à la foule ce qu’il va faire avec elle, sa manière de faire, la manière de faire de Dieu : semer largement pour récolter largement, parler aux justes comme aux injustes, en étant certain que la récolte sera belle. « Ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat », dit Isaïe.
 
Mais il y a ceux dont le cœur se ferme, tous ceux qui ne peuvent pas comprendre ni admettre cette manière de faire de Dieu ; ceux qui reprochent à Jésus de parler aux prostituées et aux publicains, ceux qui n’ont pas compris ce qu’il disait quand il parlait de la perfection de son Père, « lui qui fait lever le soleil sur les bons et les méchants, et pleuvoir sur les justes et les injustes ». Leurs cœurs s’est alourdi, ils sont devenus durs d’oreille.
 
Alors, s’il y a une différence à faire entre les différents terrains sur lesquels tombe la parole, elle n’est pas à faire entre « les bons » et « les méchants » ; elle est à faire selon la manière dont les hommes accueillent cette parole.
Ceux qui ne comprennent pas, ceux qui écoutent mais n’ont pas la persévérance voulue, ceux qui écoutent, comprennent, et entendent…
Et forcément, cette classification va nous interroger : dans quelle catégorie suis-je ? Suis-je de ceux dont le cœur est fermé, de ceux dont le cœur est velléitaire, de ceux qui ont trop de soucis pour entendre, ou de ceux qui écoutent vraiment ?
Et forcément, je vais me retrouver un peu, ou beaucoup, dans les trois premières catégories. Une part de moi refuse d’entendre, pour plein de raisons. Dieu me demandera des choses impossibles,
ou bien, je suis trop mauvais pour entendre, Dieu n’a rien à me dire… Dieu ne peut pas venir parler à la part de moi-même que j’ai déjà jugée et condamnée, comme les pharisiens qui estiment que le Messie n’a rien à dire aux publicains.
 
Une part de moi se perd dans des enthousiasmes sans effets, une autre est envahie de soucis …
Et pourtant, je peux contempler ma vie comme Jésus contemple la foule : car une part de moi est constituée de bonne terre.
La bonne terre, c’est peut-être mon espérance : cette partie de moi-même qui est en attente, qui dit « je sais que mon sauveur et vivant », et qui, contre toute espérance, même dans ce qui parait inextricable ou logiquement et humainement contradictoire, attend son sauveur qui, comme dit la samaritaine « nous expliquera toute chose ».
 
Alors je peux contempler cette œuvre que le Seigneur a faite en moi : il a semé largement sa parole ; j’en ai beaucoup perdu ; mais quelques mots sont tombé là où je l’espérais ; les terrains arides ou broussailleux restent ce qu’ils sont, mais cela n’a pas empêché la Parole de porter du fruit en moi : c’est là l’œuvre de Dieu qui doit me réjouir.
Père Dominique Degoul, image http://soriah.amahom.com/wp-content/uploads/2016/07/Le-Semeur.jpg
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Isaïe 55,10-11.; Psaume 65(64),10abcd.10e-11.12-13.14.; Romains 8,18-23 ; Matthieu 13,1-23
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