Amis du Jardinier de Dieu

3e dimanche ordinaire, année C

Publié le 2 Février 2019 par Amis du Jardinier de Dieu in roland_cazalis

Nous pouvons retenir le texte de Paul de Tarse comme pivot dans l’articulation des trois textes qui nous sont proposés. Paul dit en effet, des choses indépassables sur l’amour-agapè, qui se distingue de l’amour-éros, puisque dans beaucoup de langues, il n’y a qu’un seul mot pour désigner amour qui recouvre une multitude de réalité.
 
Dans le monde de la foi, l’amour est une présence, une présence qui nous précède et comme venue d’ailleurs.
 
Doit-on rappeler que le croire ou la foi, n’est pas un domaine réservé de la religion, mais est d’abord une aptitude cognitive qui est indispensable à une vie sociale normale.
 
Croire en soi-même, croire en l’autre, croire en son conjoint, croire en ses enfants, croire en ses employés, croire en son patron. Voilà des réalités qui permettent au monde de tourner rond.
 
En d’autres termes, des gens qui ont du prix à vous yeux, des gens à qui vous faites crédit. Des gens crédibles. C’est étonnant comment le langage du croire est très proche de celui de la finance.
 
Vous avez des gens qui ont du prix à vos yeux. Bien entendu, ce prix ne reflète pas exactement leur valeur intrinsèque. Là, nous prenons de la distance par rapport à la finance, car il n’y a pas de parité dans ce genre de rapport.
 
L’amour, c’est par exemple, ce qui rend des perles plus fines que chères ou plus belles que chères.
 
C’est en quelque sorte ce que fait l’Esprit de Dieu quand il fait de quelqu’un sa demeure.
 
Ainsi, l’amour, ce n’est pas faire quelque chose en particulier, mais avoir l’Esprit de Dieu en soi, c’est une présence avec puissance.
 
Alors, quelqu’un pourrait demander : pourquoi l’Esprit semble être plus à son aise chez celui-ci que chez celui-là ?  Il suffit de poser la question à celui-là, il vous répondra. Il le sait pertinemment.
 
Cette présence nous amène à avoir de l’affection pour le genre humain, pour les animaux, pour les plantes et pour le paysage.
 
Cette présence nous aiguillonne, et nous sert d’aiguillage de telle sorte que nous choisissons ce qui est convenant au lieu de l’inconvenant.
 
Elle nous amène à nous offusquer de ce qui est injuste au lieu de nous en réjouir, etc.
 
Il suffit de lire la liste qu’en donne Paul dans son texte.
 
Cette présence nous donne cette élégance intérieure, cette élégance dans notre manière de traiter les autres.
 
Paul dit également, « actuellement, ma connaissance est partielle. Ce jour-là, je connaîtrais parfaitement comme j’ai été connu »
 
C’est exactement cela, la présence signifie que Dieu me connaît, car il est venu à moi.
 
Paul en sait quelque chose. Mais Jérémie avant lui, le confesse sans détour :
 
« Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ». Voilà la grâce suprême !
 
Tous ceux qui ont été habités par l’Esprit avec puissance disent la même chose.
 
En venant au monde, ils ont trouvé cette présence déjà là, comme leur première mère. Ils ont mis un certain temps à comprendre de qui il s’agissait, c’est-à-dire à lui donner un nom.
 
L’amour, la présence, l’Esprit, Dieu. Tous ces termes sont des noms. L’important est ce que cela fait, ce que cela produit en vous, et la manière dont vous manifestez votre reconnaissance par ce que vous faites, ou du moins, l’énergie et en même temps le flegme que cela vous donne pour entreprendre depuis la présence qui vous habite, cette présence qui est votre bien le plus précieux.
 
Alors, les gens de Nazareth croient connaître, sans doute le plus célèbre d’entre eux, un fils de la ville. Il y a de quoi être fier.
 
Jésus a le chic de rappeler qu’au temps d’Élie, l’Esprit était plus à son aise dans le pays de Sidon qu’en Israël.
 
Qu’au temps d’Élisée, l’Esprit était plus à son aise avec le lépreux syrien qu’avec les lépreux d’Israël.
 
Alors, la fureur qui les habite va faire bégayer l’histoire une nouvelle fois. Cette fureur meurtrière n’est pas le monde de l’Esprit.
 
L’Esprit est plutôt du côté de celui qui passe au milieu de la fureur, sans être vu, comme dirait Jean de la croix.
 
Oui, l’Esprit est plus à son aise à Capharnaüm qu’à Nazareth. C’est un peu dommage, quand même, pour Nazareth.
 
Alors, prions le Seigneur pour que l’Esprit soit à son aise en chacun d’entre vous, si c’est cela votre désir.
 
Amen.
Père Roland Cazalis
Jr 1, 4-5.17-19 ; Ps 70 (71), 1-2, 3, 5-6ab,  15ab.17 ; 1 Co 13, 4-13 ; Lc 4, 21-30
 
 
 
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