Amis du Jardinier de Dieu

La souffrance (suite et fin)

Publié le 19 Avril 2011 par Thuy-Diep in Questions sur la foi : Réponse par Thuy Diep

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Le mal est obscur et aveugle, il frappe indifféremment les bons comme les mauvais, et à tous, il leur cause de la souffrance. Mais comme celle-ci est personnelle, c'est à chacun d'y réagir à sa manière. Pour moi, Jésus est "le Chemin, la Vérité et la Vie" (Jn 14,6), je choisis donc de contempler l'attitude de Jésus dans la souffrance et d'essayer de l'appliquer pour moi. Je vois que Jésus n'accepte nullement la souffrance, il demande à son Père: "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi!". Mais il s'abandonne ensuite immédiatement à lui: "Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux." (Mt 26,39). Ainsi, la souffrance est à soulager et à bannir. Je ne dois pas la vouloir comme moyen de purification ou de salut. Qu'elle ne me fasse pas non plus douter de Dieu, ni de son amour, bien que, dans un moment de détresse bien humain, je puisse crier comme Jésus sur la Croix: "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné?" (Mc 15,34). Cependant, il faut bien voir que le dernier mot de Jésus exprime son abandon total au Père: "Père, entre tes mains, je remets mon esprit" (Lc 23, 46). La souffrance est le moment où je dois livrer un combat contre le mal, c'est donc le moment où Dieu, mon Père, est le plus près de moi à veiller et attendre que, librement, je l'appelle à mon secours pour accourir vers moi. La souffrance est donc l'occasion par excellence de témoigner ma foi envers Lui, et c'est par ma confiance et mon abandon à Dieu que je suis sauvée, non par la souffrance, qui n'a aucun pouvoir de rachat. Car je ne peux pas croire non plus que Dieu veut faire souffrir son Fils pour racheter nos péchés. C'est l'obéissance absolue du Fils au Père jusqu'à la mort, malgré les cruautés subies, qui répare la désobéissance originelle.

Néanmoins, comme l'a affirmé Saint Paul, tout "concourt au bien de ceux qui aiment Dieu" (Rm 8, 28), y compris la souffrance. En effet, la souffrance me déstabilise, et en me rendant ainsi consciente que je ne peux me fier sur rien, ni sur personne, elle me fait tourner davantage vers Dieu. La souffrance me met également à nu, je ne peux plus porter de masques dont je me suis servi pour me protéger. N'ayant plus peur d'être démasquée, je peux venir ainsi plus facilement vers les autres. Sans masque, ma relation avec eux est aussi plus sincère et authentique. La souffrance me révèle aussi ma pauvreté et ma vulnérabilité, par conséquent, je deviens plus humble, je ne suis plus ce sol dur, impénétrable, mais le sol que la souffrance a travaillé, retourné, labouré de long en large pour qu'il puisse recevoir de nouvelles semences de vie, je m'enrichis ainsi spirituellement. Dès lors, je comprends mieux les promesses que Jésus nous a faites à travers les Béatitudes, si contradictoires avec les perceptions du monde sur le bonheur: "Heureux les pauvres… Heureux les affligés… Heureux les persécutés…"

Source de l'image :
http://1800sunstar.com/zzC1LUV/zholydays/christmas/jesus-christ-pictures/images-of-jesus-christ-124.jpg

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rosy 23/04/2011 15:56



Xuân-Huong, j'ai voulu vous envoyer la photo de Chiaretta, mais je ne sais pas faire. Peux-tu enlever cette image pour moi, stp ? Désolée.



Rosy et Fidèle 23/04/2011 15:51



Permettez-moi de partager avec vous l'histoire d'un enfant-apôtre, Chiaretta (Chiara Luce). Etant une enfant de famille pauvre, atteinte d'une maladie incurable à l'âge de 4 ans, elle devient
l'apôtre par la souffrance. Tous les soignants s'occupaient d'elle, étaient édifiés par son courage joyeux. Certainement, l'histoire de sa vie ne pourrait pas changer les vôtres tout de suite,
néanmoins elle pourrait vous suggérer quelque chose ... Bonne fête de Pâques à vous tous, les artisans de la Lumière et de Paix du Seigneur !



thuy-diep 23/04/2011 05:21



Michèle, ne pensez-vous pas que Dieu ne soit pas injuste du tout? Il compense toujours notre handicap, notre souffrance, notre
faiblesse, notre pauvreté… par un don plus grand, qu'on n'aurait pas sans toutes ces "injustices", à condition que nous ayons recours à lui, bien sûr. Et finalement, toutes ces "cruautés du sort"
ne sont de vrais malheurs que si les gens sont méchants et égoïstes (et c'est ça le vrai malheur), sinon, elles deviennent des creux où l'amour
peut se déverser et sans lesquels l'amour aurait moins l'occasion de se vivre ou de s'ennoblir? Alléluia! Joyeuses Pâques, Michèle!




Michèle 22/04/2011 22:26



je l'ai très souvent dit ...


"pardonnez leur .." 


et puis vous avez raison , il ne faut pas oublier l'handicap qui ne se voit pas !


il est encore plus difficile à porter , pour celui qui est atteint (chez nous il y a moi , mais mon époux aussi a sa croix qui est invisible au regard des autres , mais je suis là et je l'aide à
chaque instant )


bonne nuit 



thuy-diep 22/04/2011 07:19



Merci
infiniment Michèle
de nous avoir partagé les merveilles que Dieu fait dans votre vie. Je pense que chacun d'entre nous  a son propre handicap, visible ou invisible, et
tout le monde doit lutter pour surmonter son handicap afin d'avoir une place sous le soleil. Les obstacles rencontrés peuvent être mieux identifiés car le handicap est visible, mais ils ne sont
pas moindres pour un handicap invisible. D'ailleurs, l'avantage, si je peux dire, pour ceux qui ont un handicap visible, est qu'ils se savent être handicapés, alors que ceux qui ont un handicap
invisible souvent ne le savent pas. Ainsi, pour les premiers, le salut est plus facile, alors que pour ceux qui ne pensent pas avoir un handicap, cette parole de Jésus leur est destinée: "Si vous
étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché. Mais en réalité, vous dites: 'Nous voyons', votre péché reste" (Jn 9, 41). Alors, que ceux qui sont exclus par les autres pour leur handicap visible
sachent dire comme Jésus: "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font" (Lc 23, 34).



Michèle 21/04/2011 21:50






je vous insère une image de moi ...essai


née en juin 1946


une parfaite santé , une gamine pleine d'entrain , joie de vivre , jamais malade (pas un seul jour d'absence à l'école ) un rayon de soleil qui allait s'éteindre en août 1955 , j'avais 9
ans , le virus de la polio ne m'épargne pas (1 an avant de remarcher ) le vaccin est arrivé ces années là ; mais le mal était fait ! à force de volonté j'ai remarché , avec en prime une belle
scoliose..école primaire, collège pas facile avec l'adolescence , mais toujours entourée d'ami(e)s , j'avais déjà et depuis toujours décidé d'être prof pas instit ! prof ..alors il a fallu, se
battre s'imposer des règles de vie pour y arriver (quel beau mérite que d'acepter ce qui nous diminue !) le lycée encore assez facile , bien encadrée par des ami(e)s toujours là pour porter mon
cartable , me donner le bras ! mais quand il a fallu prendre le chemin de la fac c'était une autre histoire (fille unique père très dur mais tendre ) ma fille tu veux aller en fac , alors tu te
débrouilles ...ce que j'ai fait ; là j'ai eu la chance d'avoir mes gardes de corps pour aller au restau U...jamais seule , ils me disaient "tu nous fais oublier ton handicap tellement tu es
sourire et volontaire " fin des études , licence + un bout de maîtrise Es Sciences naturelles ; le monde du travail un nouvel obstacle à franchir , nommée maîtresse auxiliaire dans un collège du
haut beaujolais , je fais ma place et je m'impose , mes élèves je les adore et ils me le rendent bien (1er poste en septembre 1971...sept 72 2ème collège Beaujeu où je rencontre celui qui est mon
époux depuis 1976 ! janvier 84 je suis après avoir grimpé dans ma carrière professeur certifié au collège Emile ZOLA où je suis restée jusqu'à Pâques 2004 !! là une grande déception , ne pouvant
plus monter à l'étage l'éducation nationale refuse une adaptation de poste , je dois prendre des congés pour leur foutre la paix ...jusqu'à ma retraite en septembre 2006 , j'ai oublié en novembre
89 je meurs une 1ère fois , coma suite à une intervention chirurgicale ..je ressors de réanimation mais mon insuffisance respiratoire en prend un coup et depuis 1993 je suis sous assistance
respiratoire + oxygène depuis 2004 !! je vous ai résumé les grandes étapes d'une vie semée d'embûches ! nous avons en 1986 eu le bonheur d'adopter un enfant maghrébin né en France , la joie
d'être parents et aujourd'hui Rémi né en novembre 1985 nous comble d'amour .


ce que je voudrais dire, c'est qu'il faut toujours s'accrocher à une branche , se dire à chaque instant que la vie vaut la peine d'être vécue ...mon blog est un peu mon journal intime ,
ma soupape de sécurité , vous y trouverez des photos (des vraies) 


mon conseiller spirituel : le petit curé d'Ars pas loin de chez nous 


ma 2ème mère : Notre Dame de Lourdes 


je ne suis pas une grenouille de bénitier , mais ma foi est immense ......


bonnes fêtes Pascales à tous .



mimi 21/04/2011 19:34



Je vous remercie tous


je viendrais ici témoigner de mon parcours, de mn chemin de vie


à bientôt



lucie 21/04/2011 11:35



C'est vrai, le texte de Thuy Diep évoque beaucoup de questions en nous. c'est moi qui a essayé d'expliquer aux amis (béatrice, luc, régis), mais je n'arrive pas ... Dieu est vraiment là pour nous
tous. Merci beaucoup.



béatrice 21/04/2011 11:23



Je viens de visiter le blog de Michèle. Hier, effectivement j'ai posé la question sur "pour que la gloire de Dieu se manifeste", et Dieu m'a répondu à travers vous : Marcel Pierre, Michèle,
Renaud ... et d'autres. Dieu est là parmi nous. Si vous avez le temps, faites un tour chez le blog de Michèle. Bon Jeudi Saint. Mille fois merci à vous.



Michèle 21/04/2011 10:45



Heureux sommes nous de louer Dieu !


Marcel Pierre , ton témoignage est fort et , étant moi même handicapée (polio en 1955) je sais ce qu'il en est d'être rejetée et de lutter pour vivre et s'imposer , sans ma foi , je ne serais pas
ce que je suis .


Chacun de nous porte une croix , elle est plus ou moins lourde ..continuons à avancer , nos ami(e)s nous aident ..


Je t'embrasse au nom de la Paix du Christ .



renaud 20/04/2011 17:37



Marcel Pierre, ton témoignage m’aide à louer Dieu pour ce qu’il me donne jusqu’à maintenant. La maladie qui détruit mon corps et me rend
handicapé. Comme Marcel, je suis exclus, je n’accepte pas la situation de l’exclusion, mais comment  faire ? Je ne m’en sors pas. Les
associations m’aident … Mais aujourd’hui, le témoignage de Marcel est un coup de fouet pour moi. C’est vrai que Jésus a dit : « ta foi t’a sauvé ». Donne moi la foi,  Jésus.  Merci Marcel.



thuy-diep 20/04/2011 16:08



Merci infiniment Marcel Pierre de ce beau témoignage qui, une fois de plus, me fait voir "la gloire de Dieu se manifester".



marcel pierre 20/04/2011 13:40



« La souffrance est le moment où je dois livrer un
combat contre le mal » cette phrase prouve que votre texte est bien un partage personnel. Moi-même, dès l’âge de 6 ans, j’ai reproché sans cesse à mes parents : pourquoi me mettre au
monde ? Car je suis handicapé. A cause de mon handicap, je suis exclu. Malgré mon handicap, j’ai essayé sans cesse de m’intégrer au milieu où je suis. Mais c’était très dur. Je étais
toujours rejeté … Pourquoi suis-je né ? Pourquoi et pourquoi ? pour la gloire de Dieu se manifeste … Oui, c’est ma réponse à Béatrice. Après des années d’adolescence et de la jeunesse,
galéré en enfer, maintenant, je trouve le bonheur avec mon handicap, je découvre l’amitié gratuite chez les gens. Merci de me donner une occasion pour parler de ma vie.