Amis du Jardinier de Dieu

Le saint Vendredi, où Dieu est mis en croix

Publié le 5 Avril 2012 par Amis du Jardinier de Dieu in Triduum pascal

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Le saint Vendredi, où Dieu est mis en croix

Il règne sur le bois, ton Roi !

Jésus est arraché au puits infernal, conduit menottes aux mains devant ces tribunaux où, pendant des heures, il va être soumis à des interrogatoires dérisoires[1]. Simulacre de procès, histoire de sauver quelques formes juridiques, vu les lois de l’Empire romain. Mais tout est joué d’avance !

Le jour lentement se lève, triste et blafard… Le voici jugé, condamné, comme le sont tant et tant d’hommes et de femmes innocents.

Que de jugements injustes, iniques, peuvent être rendus ! Que de juges corrompus, achetés, compromis dans des magouilles politiques ! Que d’innocents détenus en prison, des années durant ! Que de calomnies condamnent un homme, une femme à une mort sociale !

Que de « on-dit » colportés derrière notre dos ! Que de suspicions ou simplement d’étiquettes collées ! Et un beau jour, tu te retrouves en prison, parfois condamné à mort !

Toutes ces injustices criminelles, notre Dieu a voulu les subir, en pâtir… Le voilà humilié, bafoué, calomnié, outragé, comme le seront tant de martyrs. Je pense à ces tribunaux populaires sous Staline, Mao ou Pol Pot.

Dans le totalitarisme psycho-médiatique occidental, ces tribunaux, ce sont souvent ces plateaux-télé où – modernes arènes – on tourne les chrétiens en dérision, on les jette en pâture aux bêtes sauvages : l’opinion publique. Notre manière à nous d’être flagellés, conspués, rejetés.[...]

Pour comprendre la Passion de Jésus de l’intérieur, il faut le rencontrer là même où il vit encore et toujours sa Passion aujourd’hui. Le rejoindre vivant dans les personnes en qui sa Passion se poursuit. Durant sa propre Passion, il y a presque 2 00 ans, c’est la gloire divine qui s’est insinuée dans la souffrance humaine. Aujourd’hui, comme tout au long de ces 2000 ans, je puis voir les lieux, les événements, lespersonnes où rejaillit cette gloire infiltrée dans la souffrance humaine (comme un filet d’eau qui disparaît sous terre et ressort beaucoup plus loin dans une prairie).

Et dans les pires souffrances, aujourd’hui, je peux voir la gloire de Jésus. Il y a des pépites d’or de don de soi, de générosité, qui illuminent les pires situations. Aujourd’hui même, j’ai la preuve tangible, visible, vérifiable, de cette plénitude d’amour que Jésus a vécue dans sa Passion : quand je vois des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants qui devraient être révoltés par la souffrance, et qui l’offrent avec joie, parce que le cœur plein d’amour. Je suis témoin aujourd’hui de tout ce que Jésus a infusé d’amour dans la souffrance humaine pour la transfigurer du dedans, c’est-à-dire en changer le visage.

Je comprends qui est Jésus, moins en lisant le récit de la Passion dans l’Évangile, qu’en recevant de ceux qui souffrent avec amour, l’Évangile vivant pour aujourd’hui.

Au fond des pires horreurs, il y a de telles splendeurs ! Personne n’en parle !

Au fond de l’enfer, tant de fois j’ai vu le ciel ouvert ! Personne n’en parle !

Au fond des pires souffrances, il y a des trésors de patience ! Personne n’en parle !

Mais Dieu le sait. Cela suffit !

Source P. Daniel-Ange http://www.zenit.org/article-30549?l=french

photo sur facebook de Jacklyne Dagher

[1] Encore une fois, je ne prétends nullement ici faire le récit de cette Passion du Sauveur. Pour cela, il suffit de méditer le texte même des différents évangiles (si possible en Synopse, c’est-à-dire en parallèle), afin de suivre Jésus à la trace, minute par minute. Ici, simplement quelques flashes « zoomant » sur tel moment ou tel détail pour mieux en saisir le sens.

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