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Polylogue - Mariage homosexuel (mariage gay)

Publié le 4 Novembre 2012 par Vincent Gayde

7754233120_le-projet-gouvernemental-sur-le-mariage-et-l-ado.jpgL'époque est au "dialogue", à "l'ouverture" et à la "largesse d'esprit", à la "liberté" et au "droit". Nous sommes inondés de ces bonnes intentions qui ne trouvent actuellement aucune définition et ne s'appuient que sur des fondements très flous. Toujours est-il que la moindre des objections à ce qui résulterait de celles-ci suscite "l'indignation", fut-elle sérieusement argumentée. Et ne parlons pas des arguments du registre sentimental, ultimes aux yeux de beaucoup, parce que supposés être les plus élevés et les plus justes ; ils trouvent leur summum dans l'intention "d'amour" justifiant jusqu'à la plus pauvre des pensées. 

 

Le "débat" sur l'ouverture au mariage des homosexuels, avec l'adoption comme corollaire actuel, et, très logiquement la procréation médicalement assistée, puis le droit à la gestation pour autrui, et que sais-je encore, illustre cette tyrannie de l'opinion subjective sur la pensée objective, la responsabilité et le principe de réalité. Pire, jusqu'à aujourd'hui, assez rares sont les expressions argumentées des positions sur cette question, en dehors de leurs promoteurs (qui excellent en communication) et des religieux. Et inexistant un dialogue réel. Pourquoi ?

Les promoteurs de cette révolution inoculée dans un corps social anesthésié par de bons sentiments irréfléchis, trouvent leur force dans des organisations de lobbying bien placé et d'une efficacité étonnante (1) : médias consentants pour ne pas dire complices, parti au pouvoir et sondages favorables fondés sur des questions dont les réponses sont généralement irréfléchies du fait même de la méthode employée. Cela suffirait à légitimer non seulement cette conception de la famille et de la parentalité, mais également à considérer irrecevable toute autre conception. Forts de cette légitimité illusoire, ils supportent mal, en général, la contradiction - il suffit, pour s'en convaincre, de lire les forums. A côté de cela, il y a les adeptes des principales religions qui s'expriment de plus en plus ouvertement - mais qui sont relativement inaudibles car leur pensée est entachée d'un a priori négatif de conservatisme pour ne pas dire d'obscurantisme. Ils ont beau aborder la question par le prisme anthropologique, ils n'en portent pas moins cette marque infamante aux yeux de la doxa actuelle. Puis il y a les professionnels de l'enfance et de la famille (assistantes sociales, pédopsychiatres, psychologues, chercheurs, associations spécialisées dans l'adoption, etc.) que l'on se garde bien de consulter et qui, malheureusement, sont d'un silence assourdissant (2). Enfin, il y a tout-un-chacun appelé à s'exprimer. Mais peu s'expriment...

Car, chez les religieux, on a peur de passer pour des tradis ou des intégristes, chez les laïcs, on a peur de passer pour des cathos, chez les anti-"mariage pour tous", on a peur de passer pour des homophobes, chez les indécis, on a peur de passer pour rétrogrades ou de manquer d'arguments, et chez les professionnels, on a peur de déroger au principe de neutralité... Je pense qu'il est temps que chacun, en responsabilité et suivant ses compétences propres, ait le courage de poser un avis argumenté selon la raison, quand bien même il ou elle risquerait de passer pour ce qu'il n'est pas et ne veut pas paraître. J'ose espérer que ce polylogue - par analogie avec dialogue qui ne se fait qu'à deux voix - pourra être l'occasion d'une authentique expérience d'écoute de l'autre et des autres, donc d'un dé-centrage de soi, et qu'il en résultera des déplacements que je ne peux anticiper. Mais j'avoue douter que nous en soyons capables. En tout cas, je vais essayer. Et vous ?

 

Vincent Gayde.

 

(1) Seule statistique neutre (et par un organisme dont c'est le métier) que j'ai trouvée : 0,3% des couples se déclarent, en 1999, co-résidents de même sexe. Source : http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_population/fiches_actualite/difficile_mesure_homoparentalite/ ; page 3. Le statisticien suppose ensuite que 10% de cette très petite minorité a des enfants, soit 0,03% des couples... Quel foin pour une micro-minorité !

(2) Ce n'est plus tout à fait vrai, puisque l'UNAF s'est déclarée, le 26 octobre, contre le projet en l'état (http://www.unaf.fr/spip.php?article15120), alors même que le gouvernement est en train d'y imposer l'entrée des associations homoparentales, dans le cadre de son "plan d'actions contre les violences et les discriminations commises à raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre"

photo http://media.rtl.fr/online/image/2012/1103/7754233120_le-projet-gouvernemental-sur-le-mariage-et-l-adoption-homosexuels-doit-etre-presente-en-conseil-des-ministres-le-7-novembre.jpg

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