Amis du Jardinier de Dieu

Pries-tu bien la Vierge Marie ?

Publié le 20 Avril 2012 par Jocelyne B. in Pensée du jour

Dans 8 jours, nous entrerons dans le mois de mai, le mois de Marie. La très belle Dame de la petite bergère à la grotte Massabielle et elle est la nôtre aussi.

"Elle était si belle que j'aurais voulu mourir pour la revoir." (Bernadette Soubirous)

notre Dame de Lourdes

« La sainte Vierge, est-ce que tu la pries la sainte Vierge ?... la pries-tu comme il faut ? la prie-tu bien ? Elle est notre mère, c’est entendu, la mère du genre humain, la nouvelle Eve. Mais elle est aussi sa fille. L’ancien monde, le douloureux monde, le monde d’avant la grâce l’a bercée longtemps sur son cœur désolé, dans l’attente obscure, incompréhensible d’une « virgo genitrix ». Des siècles et des siècles, il a protégé de ses vieilles mains chargées de crimes, ses lourdes mains, la petite fille merveilleuse dont il ne savait même pas le nom. Une petite fille, cette reine des anges !... Mais, remarque bien maintenant, petit : la sainte Vierge n’a eu ni triomphe ni miracles. Son Fils n’a pas permis que la gloire humaine l’effleurât…personne n’a vécu, n’a souffert, n’est mort aussi simplement et dans une ignorance aussi profonde de sa propre dignité, d’une dignité qui la met au dessus des anges ! Car, enfin, elle était née sans péché, quelle solitude étonnante ! Une source si pure, si limpide et si pure qu’elle ne pouvait même pas y voir refléter sa propre image, faite pour la seule joie du Père.

 

Certes notre pauvre espèce ne vaut pas cher mais l’enfance émeut toujours ses entrailles ; l’ignorance des petits lui fait baisser les yeux, ses yeux qui savent le bien et le mal, ses yeux qui ont vu tant de choses ! Mais ce n’est que l’ignorance, après tout. La Vierge était l’innocence. Rends-toi compte de ce que nous sommes pour elle, nous autres la race humaine ! Oh, naturellement, elle déteste le péché, mais enfin, elle n’en a aucune expérience, cette expérience qui n’a pas manqué aux plus grands saints, au saint d’Assise lui-même, tout séraphique qu’il est.

 

Le regard de la Vierge est le seul regard vraiment enfantin, le seul vrai regard d’enfant qui se soit jamais levé sur notre honte et notre malheur. Oui, mon petit, pour la bien prier, il faut sentir sur soi ce regard, qui n’est pas tout à fait celui de l’indulgence – car l’indulgence ne va pas sans quelque expérience amère – mais de la tendre compassion, de la surprise douloureuse, d’on ne sait quel sentiment encore, inconcevable, inexprimable, qui la fait plus jeune que le péché, plus jeune que la race dont elle est issue ? Et, bien que Mère par la grâce, Mère des grâces, la cadette du genre humain ».

Extrait d'un "Journal d'un curé de campagne": Entretien de M.le curé de Torcy avec le jeune prêtre.

Commenter cet article