Amis du Jardinier de Dieu

Poème de Brel

Publié le 13 Avril 2016 par Amis du Jardinier de Dieu in Poème

Je connais des bateaux qui restent dans le port
De peur que les courants ne les entraînent trop fort

Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
A ne jamais risquer une voile dehors
 
Je connais des bateaux qui oublient de partir
Ils ont peur de la mer à force de vieillir
Et les vagues jamais ne les ont emportés
Leur voyage est fini avant de commencer
 
Je connais des bateaux tellement enchaînés
Qu’ils ont désappris comment se libérer !

Je connais des bateaux qui restent à clapoter
Pour être vraiment sûr de ne pas chavirer
 
Je connais des bateaux qui s’en vont à plusieurs
Affronter le grand vent au-delà de la peur

Je connais des bateaux qui s’égratignent un peu
Sur les routes de la mer où les mène leur jeu
 
Je connais des bateaux qui n’ont jamais fini
De partir encore chaque jour de leur vie
Et qui ne craignent pas parfois de s’élancer
Côte à côte en avant au risque de sombrer
 
Je connais des bateaux qui reviennent au port
Lacérés de partout mais plus braves et plus forts

Je connais des bateaux débordants de soleil
Quand ils ont partagé des années de merveilles
 
Je connais des bateaux qui reviennent toujours
Quand ils ont navigué jusqu’à leur dernier jour
Tout prêts à déployer leurs ailes de géants
Parce qu’ils ont un coeur à taille d’océan.
Jacques Brel

Merci aux auteurs des photos

 
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