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Le coeur de Jésus - La passion - La compassion

Publié le 9 Juin 2016 par Martine de L. in Coeur de Jésus

Jésus a terminé sa vie condamné par l'autorité publique à mourir crucifié, après avoir été flagellé, c'est à dire torturé, et après avoir dû porter sa croix à travers toute la ville de Jérusalem. Ce genre de mort était en ce temps-là très fréquent et réservé aux esclaves ou aux criminels. Le but recherché était que le supplicié souffre le plus longtemps possible. Enfin, exténué, le poids de son corps pendu à la croix en comprimant les poumons entrainait une asphyxie mortelle.

A Paray-le-Monial Jésus dit à Ste Marguerite-Marie : " Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour." (Grande apparition de juin 1675). Le Coeur de Jésus pendant la Passion ... tout est là. Quand le malheur ou l'injustice nous frappent, n'est-ce pas au coeur que nous sommes touchés ? Que dire de Jésus, le Fils de Dieu fait homme pour nous apprendre à le connaitre et à l'aimer. Les hommes, parce qu'ils sont pécheurs, le rejettent et le mettent à mort. Et nous, vous, moi, de quel côté sommes-nous ? Ne sommes-nous pas pécheurs nous aussi ?

"C'est en ce lieu [le jardin de Gethsémani, le soir du Jeudi Saint] où J'ai le plus souffert qu'en tout le reste de ma Passion, me voyant dans un délaissement total du Ciel et de la terre, chargé des péchés de tous les hommes". (Apparition de Notre Seigneur à Ste Marguerite Marie - Vie et Œuvre II ; 72 ). Le pape Pie XI, dans son encyclique Miserentissimus Redemptio, dira : " Si l’angoisse de Jésus à Gethsémani est si forte, c’est qu’il perçoit que son sacrifice d’amour ne rencontrerait qu’indifférence et révolte de la part de tant d’êtres humains. En cette Heure, c’est la Tentation la plus redoutable, l’assaut ultime de l’Ennemi : faire croire à Jésus que son Oblation serait vaine. Dans la solitude amère du Jardin des Oliviers, le Seigneur, broyé par la souffrance, vit les paroles du psalmiste : "J’espérais la compassion, mais en vain, des consolateurs, je n’en ai pas trouvés"

Ces paroles s'adressent à nous aujourd'hui, hommes et femmes du XXIème siècle. Le Cœur de Jésus blessé demande amour et réparation, comme l'enfant qui va chercher amour et réconfort auprès de sa maman quand il a été malheureux dans son quotidien, comme les époux qui cherchent à se réconforter l'un l'autre, comme l'ami va vers son ami quand il est dans la souffrance, comme parfois un inconnu vient vers nous pour partager sa peine ou son interrogation. L'amour se manifeste dans la compassion. Non pas dans un élan de pitié qui serait sans doute déplacé, mais dans l'étymologie même du mot : "compassion" signifie "souffrir avec". Celui qui aime Jésus et qui le regarde pendant sa Passion est touché au plus profond de lui-même dans un grand élan de compassion. Ne souffre t'on pas avec ceux qu'on aime ? Et Jésus aussi a eu lors de sa Passion compassion pour l'humanité, pour les hommes et les femmes de tous les temps. Les Pères de Vatican II ont redit que Jésus « nous a tous aimés d´un cœur d´homme. » (CEC 478 - GS 22,2). Le Pape François disait aux nouveaux cardinaux le 15 février 2015 : « Jésus a versé son Sang comme prix pour que nous soyons purifiés de tous les péchés : pour ne pas nous avilir, regardons-Le, abreuvons nous à Sa source, pour être préservés du risque de la corruption. Et alors nous expérimenterons la grâce d’une transformation : nous resterons de pauvres pécheurs, mais le sang du Christ nous délivrera de nous péchés et nous restituera notre dignité. Sans notre mérite, avec une sincère humilité, nous pourrons porter aux frères l’amour de notre Seigneur et Sauveur. Nous serons ses yeux qui partent à la recherche de Zachée et Madeleine, nous serons sa main qui secourt les malades dans le corps et dans l’esprit ; nous serons son cœur qui aime ceux qui ont besoin de réconciliation, de miséricorde et de compréhension. » Dans un passage de son encyclique sur l´Esprit Saint, Jean-Paul II explique que le péché, c´est le refus de l´homme d´accueillir l´amour de Dieu. Il ajoute que « dans les profondeurs de Dieu il y a un amour de Père qui réagit face au péché de l´homme…(Dominum et vivificantem 39) Et cette souffrance de Dieu nous la voyons concrétisée en Jésus sur la croix.. » Il ajoutait cette phrase bouleversante : « Dans le Christ souffre un Dieu repoussé par sa créature. » (DV § 41) Quand nous regardons la croix, le cœur transpercé, les blessures de Jésus, nous avons devant les yeux, « concrétisées en Jésus», les répercussions de notre péché sur Dieu ! Nous voyons à quoi ressemble un « Dieu repoussé par sa créature » : cela lui transperce le cœur.

Ce qui lui fait le plus mal c´est notre indifférence, notre froideur, notre manque de confiance envers sa miséricorde. Nous sommes tous appelés à venir tenir compagnie à Jésus pendant sa Passion, à venir consoler son cœur, à venir réparer par notre amour toute l´indifférence dont il est l´objet. Nous pouvons consoler Jésus en nous unissant à lui par la prière, et aussi en aimant nos frères, comme il nous l'a demandé. Ne lui fermons pas la porte de notre coeur. A chacun de nous de trouver notre propre chemin.

Martine de L.
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