Amis du Jardinier de Dieu

La Parole de Dieu s’est faite chair pour que notre chair devienne Parole de Dieu ; Belle octave de Noël

Publié le 26 Décembre 2017 par Père Dominique Degoul in homélie

Cette nuit nous avons contemplé un nourrisson.
Et j’espère que nous nous en sommes réjouis.
Une naissance c’est la poursuite de la vie, c’est la continuation des générations ; mais c’est en même temps une nouveauté : chaque être qui nait est absolument unique et apporte à l’humanité ce que nul autre n’apportera.
Alors laissons-nous toucher par ce tout petit enfant : prenons un moment le temps de l’imaginer : un tout petit bébé qui repose, confiant, dans les bras de sa mère ; ; sa respiration rapide ; ses toutes petites mains, minuscules mais parfaitement dessinées.
 
Contemplons ce spectacle, et commençons à réfléchir, pour approfondir notre contemplation.
Car aujourd’hui, en nous souvenant du moment de la naissance de Jésus, nous ne faisons pas comme si nous ignorions qu’ensuite il avait grandi, qu’il a parlé sur les routes d’Israël pour annoncer le Règne de Dieu, qu’il a été mis à mort sur une croix, qu’il est ressuscité, et qu’il est aujourd’hui vivant.
Nous ne faisons pas mémoire d’un mort, nous n’écoutons pas un conte : nous nous remémorons la naissance de quelqu’un qui est aujourd’hui vivant.
Même si nous ne connaissons pas la date exacte de la naissance de Jésus, même si nous savons que la date pour fêter sa naissance a été choisie pour des raisons symboliques, nous savons que Jésus est vraiment né d’une femme un jour du temps, et nous pouvons dire, sans crainte : « Seigneur Jésus, bon anniversaire ».
 
Mais les textes d’aujourd’hui sont difficiles.
Saint Jean, ainsi que l’auteur de la Lettre aux Hébreux, ont réfléchi, bien longtemps après la naissance de Jésus, sur le sens de la vie de cet homme.
Ils ont médité sur sa naissance, sur sa vie, sur sa mort et sa résurrection. Ils se sont demandé : « au fond, qui est cet homme qui nous a tant marqué ? » Et ils en sont venus à cette conclusion :
Cet homme, c’est Dieu parmi nous.
L’auteur de la Lettre aux Hébreux nous dit : « Il est l’expression parfaite de la gloire de Dieu » ; St Jean nous dit : « il est le Verbe fait chair » : la parole de Dieu, devenue un homme.
 
La chair, c’est l’aspect matériel de notre corps ;  c’est aussi tout ce qui nous fait humains, dans notre fragilité et notre sensibilité : quand nous disons de quelqu’un qu’il est touché dans sa chair, souvent par un malheur ou un deuil, nous ne voulons pas dire qu’il est blessé physiquement, mais que tout son être, son être de chair, souffre de ce malheur.
 
La deuxième personne de la Trinité, la parole éternelle de Dieu, est devenue un être de chair. Aussi, ce que nous fêtons aujourd’hui, ce n’est pas seulement la naissance d’un enfant : c’est la venue, dans notre humanité de chair et de sang, de Dieu lui-même. In-carnation.
 
Et cette incarnation nous révèle davantage qui est Dieu et qui est l’homme.
Qui est Dieu ?
Il habite ce petit bébé, Dieu né de Dieu, qui vient de naître d’une femme ; Parole éternelle de Dieu qui vient de pousser son premier cri de petit d’homme.
Dieu est peut-être cette innocence absolue, faite de douceur et de force, qui ne cesse de créer, de recréer, de donner la vie et de la redonner.
Car, nous dit St Jean, c’est par le Verbe que tout est venu à l’existence ; et c’est le Fils, nous dit la lettre aux Hébreux, qui porte l’univers par sa parole puissante.
Et si Dieu est ce maître qui ne cesse de créer par sa douce parole, la crainte de Dieu, ne peut pas être terreur qu’inspire la puissance d’un maître qui pourrait se fâcher et se venger ; la crainte de Dieu, c’est la crainte que nous éprouvons devant un tout petit enfant, crainte de lui faire mal, crainte de le faire tomber, bref, crainte qui nous oblige à n’agir qu’avec douceur, et à dompter toute notre violence. La crainte de Dieu, c’est ce qui nous oblige, sans nous contraindre, à aimer comme Dieu.
 
Qui est l’homme ?
Depuis que Jésus a parlé la langue des hommes, nous savons que la langue des hommes peut parler de Dieu.
Depuis que Dieu est devenu un enfant des hommes, nous pouvons devenir enfants de Dieu.  
Depuis que la parole de Dieu est devenue chair, nous savons que notre chair, dans sa faiblesse même, est ce que Dieu a choisi pour manifester son amour.
En Jésus, notre chair ne voile pas Dieu :
la parole s’est faire chair, et a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire.
Regarde ton corps ; regarde tes mains. Elles peuvent caresser, porter, bâtir, écrire, travailler la matière, prendre soin d’autrui...
Depuis que le Verbe a pris chair de notre chair, notre chair elle-même nous rend semblable à Dieu.
Dans toute ses capacités de créer, d’aimer, de se mettre au service, notre chair peut manifester l’amour ; notre chair peut faire grandir la gloire de Dieu.

Amen.

Père Dominique Degoul

 

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