Amis du Jardinier de Dieu

Bernadette, la petite bergère

Publié le 15 Mars 2012 par Patrick in Pensée du jour

En préparant la fête de la seizième apparition à la grotte de Lourdes (25 mars),  la «Dame» révèle son nom à Bernadette Soubirous : « Je suis l’Immaculée Conception.», nous vous proposons une lecture sur la petite bergère :
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J'aime cette Bernadette, j'aime l'image de cette pauvre souffreteuse, j'aime son humanité, j'aime son intimité avec la Vierge Marie, Bernadette fut l'intime de la Mère de Dieu comme Abraham fut l'Ami de Dieu. Mystère profond de l'abaissement marial, le Fiat de Marie vers la terre, l'indicible puits de fécondité pour faire apparaître l'intimité sublime de Bernadette. Cet apparaître de l'harmonie de Marie bouillonne comme une ivresse sans cesse renouvelée et aujourd'hui comme hier la sève divine coule dans le flux de nos nudités comme l'élémentaire authenticité de nos âmes à leur soif existentielle en Dieu.

Dans un monde de misère et d’extrême pauvreté, la Vierge Marie invite Bernadette dans la crédibilité d'une grotte. La misère chez les Soubirous n'est que sincérité, le meunier François Soubirous ne possède plus rien et bien qu'abaissé dans sa grande détresse, il deviendra brassier, celui qui loue ses bras, louer son corps c'était donner encore un sens à chacun de ses gestes.

L'époque de Bernadette est saisissante de ressemblance avec la nôtre, la misère y côtoie la richesse économique la plus insolente, le chômage, les expulsions, la faim, la famille Soubirous n'y échappe pas, le propriétaire garde l'armoire familiale en guise des loyers impayés, le cousin Sajous les héberge dans l'une des pièces insalubres de l'ancienne prison, un immonde cachot sombre dont il a fait enlever les barreaux de l'unique fenêtre, 3,72 m sur 4,40 m de puanteur et d'humidité dans l'odeur pestilentielle du fumier de volaille. Les Soubirous s'installent, deux lits pour six personnes, une commode bancale, une table et deux chaises, la malle en osier qui contient la paire de draps, les vêtements, la faim tenaille les estomacs et l'on mange par l'imagination, la faim au ventre vous sensibilise jusqu'à vous rassasier l'imagination. Pauvre François Soubirous, pour lui il y a plus fort que la faim, la honte éprouvée en prison pour avoir soi disant volé deux sacs de farine chez le boulanger Maisongrosse, les gendarmes tiennent à la main les brodequins de François et c'est les pieds nus que l'on se rend chez le boulanger, les empreintes ne correspondent pas, alors on l'emprisonne pour un madrier retrouvé après la perquisition, on relâche François Soubirous pour raisons d'humanité. Et lorsque l'on interrogera le boulanger Maisongrosse sur les raisons qui lui ont fait accuser Soubirous, il répondra tout bonnement que c'était l'état de sa misère qui lui avait fait croire qu'il pouvait être l'auteur de ce vol ( Rapport du Procureur, le 31 mars 1857). Entre temps le pauvre François est devenu borgne, il boit et on le traite d'incapable, d'ivrogne, la mère boit aussi, le docteur n'a t-il pas dit que le vin donnait de la force et n'en mettons nous pas un fond dans le biberon des petits enfants !

Je ne reviendrais pas sur les 18 apparitions, mais juste ajouter que Bernadette était en cette journée du 11 février 1858, très certainement l'une des plus misérables enfants de France et que du cachot familial, la Vierge Marie Mère de Dieu s'abaissa dans la crédibilité de la grotte.

J'aime cette Bernadette pour son humanité à fleur de peau, ses réparties, l’asthme qui la clouait depuis sa petite enfance, un matin d'avril 1862 on la pense mourante, mais voici qu'elle se lève au grand dam des autres sœurs, le docteur Balancie venu pour elle la trouve ragaillardie au parloir : Et bien ma sœur ! Ces remèdes que nous avons prescrits ont fait leur effet ! Bernadette ne les avait pas avalé, elle dit à une autre sœur : Si je suis malade une autre fois, je prierai le médecin de faire bien attention, il a pris mon mal pour un autre et j'aurais pu crever ! Voilà c'était aussi cela notre petite Bernadette Soubirous.

Patrick de Laplace

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Patlesarthois 16/03/2012 10:30


Merci beaucoup Gille et bonne journée.

gilles 16/03/2012 09:47


je viens de visiter votre site, Patrick. C'est émouvant. Merci.

Patlesarthois 16/03/2012 06:11


On l'aime notre petite Bernadette, elle si proche et si moderne, on ne peut imaginer la force d'âme qui lui a fallut pour affronter la vie, garder les trois secrets de la Vierge !Merci beaucoup
pour avoir publier mon texte.

Nicole 15/03/2012 16:18


Merci. Bonne journée !